Stade Beaucairois 30 : 110 ans au coeur du football

En mars 2018, le plus ancien club gardois attaquera sa 111e année d’existence! Pour fêter ça, il s’est offert la remontée au plus haut niveau régional, en attendant mieux. Nous avons demandé à son président de nous présenter les « bleu et blanc ».

 

Bonjour, pouvez-vous vous présenter, nous dire depuis combien de temps vous êtes président ?
« Bonjour, je m’appelle Xavier MOURET, j’ai 29 ans, je travaille dans un collège dans le village d’ARAMON, à coté de BEAUCAIRE. Je suis titulaire du BEF et d’un diplôme de Préparateur Physique pour Sportifs de Haut Niveau, et depuis quelques années je suis également Directeur de Stage de Foot pendant les vacances d’été pour l’Association Pierrot Foot à MEJANNES LE CLAP avec mon ami Cédric PECOUL.

Je suis devenu Président du STADE BEAUCAIROIS 30 il y a maintenant 3 ans, lorsque M. Georges CORNILLON, l’ancien président, a décidé d’arrêter en fin de saison 2014-2015. Par manque de candidatures, je me suis donc proposé pour ce poste, pour lequel je n’étais pas destiné à la base. Mais, étant données les énormes péripéties qui étaient en train de se dérouler, et afin que ce club centenaire puisse continuer à exister, c’est avec plaisir que j’ai endossé ce costume dans mon club de cœur.

Effectivement, malgré mon jeune âge, j’avais déjà occupé plusieurs postes dans mon club, non seulement en tant que joueur depuis l’âge de 12 ans, mais par la suite en tant qu’éducateur dans toutes les catégories de jeunes. A 20 ans j’ai passé mes diplômes fédéraux, à 21 ans le BEES 1er degré et à 22 ans mon diplôme de préparateur Physique au CREPS de Montpellier. Les trois années suivantes, j’ai été éducateur des U15 aux U19 et le responsable technique du club pour la section jeunes, avec pour but la mise en place d’une politique sportive cohérente, par des réunions techniques quelquefois très animées ainsi que la supervision des séances et des matchs.

Malgré tout cela, ma candidature a posé un problème surtout à la section jeunes, où un groupe anonyme s’est monté contre moi, alors que quatre jours avant l’Assemblée Générale, personne n’était candidat, faisant courir le bruit totalement faux que la section jeunes ne m’intéressait pas et que seul les seniors m’intéressaient. Un comble quand on sait toutes ces années dévouées aux jeunes.

Je suis tout de même sorti vainqueur, ainsi que mon équipe dirigeante, de cette Assemblée Générale houleuse. Mais, dans la foulée, un deuxième club s’est créé sur BEAUCAIRE. Quel dommage ! »

 

Votre Club a plus de cent ans d’existence, quels plaisirs cela vous procure-t-il, en plus de la montée historique en Régional 1 ?
« Plus exactement, le club fêtera ses 110 ans cette saison, le 10 mars 2018. C’est une grande fierté pour moi d’être le Président du plus ancien club du Gard.

A BEAUCAIRE, le STADE BEAUCAIROIS 30 est comme un monument historique, il fait partie intégrante de la ville. Tous les Beaucairois ont joué ou ont eu un parent, un grand-parent, un oncle, un cousin, un frère qui a joué au STADE, c’est comme une grande famille.
En ce qui concerne la montée en Régional 1, c’est un juste retour des choses après 10 années passées dans le ventre mou de la DHR. Une ville comme BEAUCAIRE se doit d’être au minimum à ce niveau. Ma prise de fonction a été conjuguée avec un projet ambitieux qui va jusqu’en 2021. On s’était donné 3 ans pour monter en DH, on est monté en 2 ans. Maintenant, nous avons un rêve pour nos 110 ans, celui de retrouver le championnat de National 3, mais ce n’est pas un objectif primordial ».

 

Est-il difficile de nos jours de faire perdurer un club (perte de licenciés, de bénévoles, de finances…) ? 
« Oui en effet, c’est très compliqué, d’autant plus que lors de ma première saison à la tête de ce club, on se retrouve avec un deuxième club dans la ville qui nous dépouille de 180 licenciés dont la totalité du football animation, joueurs et éducateurs, et de toutes nos équipes 1 dans les catégories U13, U15 et U17.

Il a fallu repartir de zéro dans toutes ces catégories. De plus, la subvention municipale ayant été réduite de moitié, nous nous sommes donc retrouvés avec un budget divisé en 2 (70.000 euros de moins dans les caisses) et deux fois moins de licenciés, avec un statut et une histoire à assumer. Mais tout ceci, au lieu de nous atteindre, nous a « surmotivé ». Heureusement que tous ceux qui sont restés au club, par amour du Stade Beaucairois, étaient revanchards et se sont ralliés à mes côtés, dont M. CORNILLON, le président sortant qui a été un soutien de poids, M. Sofyan CARLETTA, coach de l’équipe première et co-fondateur du projet, M. Luc GAYTE, coach des gardiens de but, M. Stéphan BAYLE, directeur sportif et secrétaire, M. René BATINI ancien président, et bien d’autres, dirigeants, éducateurs, sponsors, etc …trop nombreux pour les citer tous. Ainsi, deux ans plus tard, nous comptons 430 licenciés, nous avons créé une section féminine de 80 licenciées, l’équipe première est montée en R1, nos U19 et U17 jouent la montée en R1, nos U15 jouent la montée en R2, et à ce jour nous avons 150 joueurs des catégories U6 à U13.

Mais tout ceci n’est qu’un château de cartes qu’une simple bise peut envoyer en l’air, et nous sommes bien placés pour en parler. Il faut donc continuer à travailler dur ».

 

Votre Club est connu pour sa réputation de respect, qu’avez-vous mis en place pour continuer à assurer la sécurité dans et autour du spectacle sportif ?
« Comme je l’ai dit plus haut, nous avons mis en place avec Sofyan CARLETTA un projet avec des objectifs sportifs cohérents et ambitieux. Nous nous sommes projetés jusqu’en 2021 en essayant d’anticiper les choses, car désormais, dans le foot amateur, il faut être pragmatique et non pas attendre pour réagir, il faut agir.

C’est pour cela que nous avons inclus dans notre projet « Horizon 2021 », en parallèle avec le projet sportif, un projet social et éducatif ayant pour objectif de prévenir les problèmes de comportement sur et en dehors des terrains, en organisant des campagnes de sensibilisation et des rassemblements pour promouvoir les valeurs de respect et de fraternité. Nous nous efforçons de venir au soutien de la parentalité et de l’école car nous sommes le troisième lieu de vie que l’enfant côtoie après le domicile familial et l’établissement scolaire. Nous avons donc un rôle très important dans l’éducation de celui-ci. Nous mettons en place des actions en essayant d’apporter un lien entre le football et la société ».

Quelles sont les actions proposées par votre club ?  
« Le club a mis en place un nouveau projet sur quatre ans, un des piliers de ce projet repose sur les actions portées dans le cadre de notre programme éducatif. En effet, sur la saison, ce sont plus d’une dizaine d’actions qui sont menées sur la citoyenneté et la santé par exemple.

Nous avons également créé un partenariat avec BEAUCAIRE FUTSAL où nous proposons un programme pluridisciplinaire et gratuit pour les enfants de 6 à 13 ans. Un autre partenariat a été mis en place avec l’association des Petits Débrouillards, qui propose des ateliers scientifiques toute la saison à notre école de football.

Nous avons également créé une section féminine qui accueille près de 80 jeunes filles. Le club s’est enfin engagé dans une action de solidarité internationale en collectant le matériel usagé des clubs de la région pour les expédier en Afrique ».

Qu’avez-vous envie de dire à tous les dirigeants et sponsors qui vous ont aidé et  qui vous ont fait confiance depuis ce siècle d’existence ? 
« Bien entendu je veux les remercier et leur dire que sans eux, rien ne serait possible, que même le meilleur des projets ne pourrait aboutir sans leurs aides et leur investissement au quotidien.

Je voudrais remercier particulièrement deux dirigeants bénévoles, mon vice-président M. Etienne COULOMB (dit TINO), qui œuvre beaucoup au niveau des sponsors, et M. Eric MARCHAIS, président des Jeunes, éducateur, responsable du snack lors de nos tournois, serviable et toujours disponible, et bien sûr la municipalité et son service des sports pour la qualité des installations mises à notre disposition, leur aide logistique et financière.

Et, pour finir, je voudrais rendre hommage à Fernand LAMOUROUX, le doyen du club et mémoire vivante du STADE, qui a signé sa 72e licence cette saison ! »

 

Article extrait du journal numérique de décembre 2017

Écrit par les membres de la CRIFP. 

Par Alexandra Salendres

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