Portrait du mois : Carine Milhe

Publié le 19/03/2026

À l’Olympique d’Alès en Cévennes, certains parcours racontent bien plus qu’une simple passion pour le ballon rond. Celui de Carine Milhe en est l’illustration parfaite. Entre engagement territorial, transmission et conviction profonde, elle incarne une vision du football où l’humain prime avant tout.

Une histoire de cœur… née à 15 ans

Tout commence très tôt. À seulement 15 ans, Carine pousse déjà les portes du stade alésien. « Je servais à la buvette. J’ai commencé comme ça, en donnant un coup de main. » À l’époque, le club évolue en Ligue 2 et les soirs de match rassemblent des foules. L’ambiance, les rencontres, les échanges… Carine s’imprègne rapidement de cet univers. Une rencontre marquante viendra renforcer cet attachement : celle avec José Pasqualetti. « On a eu un vrai coup de cœur amical. C’est quelqu’un qui a beaucoup compté dans mon parcours. » Année après année, elle s’investit, aide, participe, apprend. Naturellement, elle gravit les échelons.

De l’ombre à la stratégie : 10 ans au service de la communication

Son engagement prend un tournant il y a une dizaine d’années. Diplômée en communication, Carine identifie rapidement un besoin au sein du club. « La communication n’était pas optimisée. Je me suis proposée. » Elle intègre alors le comité directeur et prend en charge ce secteur stratégique. Depuis, elle œuvre à structurer, développer et valoriser l’image du club. Mais son rôle va bien au-delà.

Un club ancré dans son territoire

Pour Carine, le football ne se résume pas au terrain. « Le foot, c’est ma passion, mais ce n’est pas que le jeu. C’est tout ce qu’il peut apporter autour. » À Alès, l’OAC est une véritable institution. « Le matin, dans les cafés, on parle du club. Même en période électorale, les candidats sont interrogés sur l’OAC. » Forte de cette place centrale, Carine développe aujourd’hui des projets à forte dimension territoriale.

Éducation, mixité et transmission : des actions concrètes

Parmi ses priorités : rapprocher le football de la jeunesse. Un partenariat avec le collège Daudet a permis la création d’une section sportive, récemment labellisée par l’Éducation nationale. Un projet ambitieux, pensé autour de la mixité. « Filles et garçons ensemble, c’est essentiel. Mais il faut encore lever certains freins. » Pour encourager les vocations, une première action a été mise en place : une matinée futsal 100 % féminine. Résultat : 64 collégiennes mobilisées. « Un succès phénoménal. Elles en redemandent. Ça montre qu’il y a un vrai potentiel. À nous de créer les conditions. » Dans cette même logique, un projet avec la Mission Locale d’Alès verra le jour en 2026 sous forme de masterclass. « J’accompagne 20 jeunes pour leur faire découvrir tous les métiers du football. C’est aussi ça, rendre le foot utile. »

Le leadership féminin en action

Engagée dans le développement du sport au féminin, Carine fait partie des 20 lauréates du programme Club des 300, porté par le Comité National Olympique et Sportif Français. Une reconnaissance, mais aussi une opportunité. « On échange entre dirigeantes, on partage nos expériences, nos difficultés. Ça ouvre énormément de perspectives. » Elle y constate une réalité intéressante : « Le football est plutôt en avance sur la féminisation par rapport à d’autres disciplines. » Aujourd’hui, à l’OAC, 4 femmes siègent au comité directeur sur 16 membres. Et pourtant, le chemin reste encore à parcourir. « Beaucoup de femmes sont encore cantonnées à des rôles administratifs. Il faut oser s’imposer. »

“La compétence n’est pas genrée”

Plus que féministe, Carine se définit comme profondément ancrée dans son territoire. Mais son message est clair, fort, assumé. « La compétence n’est pas genrée. » Un appel à toutes celles qui hésitent encore. « Il faut oser. Le plus grand obstacle, c’est souvent celui qu’on se met soi-même. »

Et demain ?

Toujours animée par cette volonté d’agir, Carine poursuit son engagement, notamment aux côtés de la Ligue de Football d’Occitanie, pour structurer un réseau de dirigeantes et renforcer la territorialisation du football. Quant à ses projets futurs, ils resteront encore secrets… pour le moment. Mais une chose est sûre : Carine Milhe ne cherche pas à prendre sa place. Elle la crée, chaque jour, sur le terrain comme en dehors.

Par Fabien Barbier

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