Portait du mois : Alexandra Atamaniuk
Publié le 31/03/2026
« Pour gagner un championnat d’Europe, il faut battre toutes les équipes … »
À l’heure où le futsal féminin français franchit un cap, certaines joueuses incarnent déjà cette nouvelle dynamique. Alexandra Atamaniuk en est l’un des visages. Capitaine de l’équipe de France, elle porte avec lucidité et détermination les ambitions d’un collectif en pleine progression. Entre exigence du haut niveau, rôle de pionnière et volonté de faire grandir la discipline, elle s’inscrit dans un projet qui dépasse largement le cadre du terrain.
Une compétitrice… mais avant tout une femme de terrain
Avant d’être une capitaine et une leader sur le terrain, Alexandra Atamaniuk est une joueuse professionnelle de 30 ans évoluant au Toulouse Football Club. Au quotidien, elle se décrit simplement : « Je suis Alexandra Atamaniuk, joueuse professionnelle au Toulouse Football Club. » Une simplicité qui contraste avec son rôle majeur au sein de la sélection.
Un parcours parfait qui valide le travail
Avec trois victoires en trois matchs et un seul but encaissé lors des qualifications, l’équipe de France a marqué les esprits. Un bilan qui satisfait la capitaine, tout en restant mesuré :
« Beaucoup de satisfaction parce qu’on se rend compte que tous les moyens mis en œuvre et tout le travail effectué ont payé. Après, il faut relativiser, car nous avons affronté deux nations sur trois derrière nous à l’indice UEFA. »
Malgré cette prudence, elle souligne un point essentiel : « On a su marquer notre empreinte, avec beaucoup de buts inscrits et très peu encaissés. » Un signal fort envoyé à l’échelle européenne.
Un “groupe de la mort” assumé
Prochaine étape : le tour Élite, avec des adversaires de très haut niveau comme Espagne, Italie et la Slovénie. Un défi que les Bleues abordent avec lucidité et ambition.
« On savait que si on terminait premières, on tomberait dans un groupe très relevé, avec notamment l’Espagne, multiple championne d’Europe, et l’Italie, troisième nation européenne. Aujourd’hui l’objectif de l’Équipe de France c’est de performer au niveau international à moyen voire long terme, de gagner un championnat d’Europe et pour pouvoir gagner un championnat d’Europe il faut gagner toutes les équipes et que ça soit joué l’Espagne l’Italie en phase finale où au tour élite il faudra forcément les affronter et les battres. Donc nous sommes très contentes d’avoir l’honneur de jouer face à ces équipes là et bien que ça soit l’Espagne et l’Italie on aura quand même pour objectif de de se qualifier et d’être les plus performantes possible.»
Une cadre naturelle et une pionnière
Avec 17 buts en 26 sélections et le brassard de capitaine, Alexandra Atamaniuk assume pleinement son statut au sein de l’équipe de France : « Oui, je pense que je fais partie des cadres de l’équipe. Je suis là depuis le début, à toutes les sélections, et en plus j’ai le capitanat. Donc oui, je pense faire partie des cadres. » Présente dès le premier rassemblement à Clairefontaine en septembre 2023, elle exprime surtout beaucoup d’enthousiasme face au chemin parcouru : « On a énormément progressé en très peu de temps. On a l’appui de la fédération qui met tous les moyens en œuvre pour qu’on soit performantes. Franchement, c’est que de l’enthousiasme, parce que je sais que cette équipe progresse vite. On l’a montré récemment lors de nos dernières compétitions, donc c’est de très bonne augure. » Consciente de la dynamique collective, elle insiste sur le rôle de tout un groupe dans cette aventure : « Oui, on est des pionnières. Et l’équipe continuera d’évoluer avec de nouvelles joueuses. »
Structurer pour exister
L’avenir du futsal féminin passe aussi par sa structuration. La création d’un championnat national prévue pour 2026-2027 représente une étape clé. « Aujourd’hui, il n’y a que des championnats régionaux, avec des niveaux très disparates. La création d’un championnat national va professionnaliser la discipline et pousser les clubs à s’investir davantage. » Un chantier essentiel pour combler le retard sur des nations comme l’Espagne, l’Italie ou le Portugal. « C’est une étape primordiale, même si cela prendra du temps, nous sommes obligés de passer par là pour que ça évolue. »
Une dynamique en pleine croissance
Depuis la création de l’équipe de France, l’engouement autour du futsal féminin ne cesse de croître. « Oui, clairement. On sent qu’il y a de plus en plus d’intérêt autour du futsal féminin depuis la création de l’équipe de France. Ça attire davantage de joueuses, mais aussi de regards, que ce soit au niveau des clubs, des instances ou même du public. Les performances de l’équipe aident aussi à mettre en lumière la discipline, donc forcément ça donne envie et ça crée une dynamique positive. »
Un message pour la relève
À celles qui découvrent le futsal, Alexandra adresse un message simple et sincère :
« Il faut foncer et prendre du plaisir avant tout. Si elles aiment ça, il faut continuer, s’accrocher et ne pas hésiter à se lancer pleinement. Le futsal est une discipline en plein développement, donc il y a beaucoup de choses à construire et de belles opportunités à saisir. Et puis, le fait de pouvoir combiner le futsal et le football, c’est quelque chose qui de très positif pour les joueuses. »
Et maintenant ?
Portée par une ambition collective forte, Alexandra Atamaniuk conclut avec humilité et détermination : « Merci à toutes les personnes qui nous soutiennent. Et on va tout donner pour continuer à faire progresser cette équipe et représenter au mieux le futsal féminin français. »
Entre leadership, lucidité et engagement, la capitaine des Bleues trace la voie. Une voie encore en construction, mais déjà pleine de promesses
