Les futures arbitres d’Occitanie en formation

Publié le 11/02/2019

Article paru dans la rubrique « LE CLUB DU MOIS » du mois de Janvier du 
LFO MAG, Le magazine mensuel de la Ligue de Football d’Occitanie

En cette année de Coupe du monde de football féminin en France, la Ligue de Football d’Occitanie a mis en place deux formations d’arbitres, en internat, exclusivement ouvertes aux filles qui veulent embrasser la carrière, sachant que la FFF met à la disposition des candidates des bons de formation qui couvrent intégralement le montant de la formation.

C’est dans ce cadre que le Centre Régional Technique de Castelmaurou a accueilli, du 11 janvier en soirée au 13 janvier, douze candidates âgées de 15 à 34 ans, venant de l’Ariège, la Haute-Garonne, le Lot et le Tarn.

Le module de formation est celui de la FFF, et ce sont Olivier Ledoux (CDTA 31) et Charlène Laur (arbitre fédérale) qui l’ont présenté et expliqué, partageant les journées en réunion en salle et mise en situation sur le terrain.

Le module de formation a ceci de particulier qu’il comporte de nombreuses vidéos de faits de jeu avec des fautes qui font l’objet de questions des formateurs aux candidates, enclenchant souvent des interrogations qui viennent enrichir les échanges et susciter des débats.

Sur le terrain par contre, c’est la gestuelle et le placement qui sont mis en avant.

A l’issue de ce stage, les candidates ont rejoint leurs districts d’origine pour débuter dans leur  fonction, en espérant que certaines d’entre elles confirment et accèdent au plus haut niveau.

Notons que la LFO a organisé la même formation dans le secteur Languedoc-Roussillon, à l’Espace Gard Découverte de Méjannes-le Clap, du 26 février au 1er mars, sous la direction de Nicolas Rainville, arbitre fédéral et CDTA du Gard.

Charlène Laur : «Une expérience positive et enrichissante»

Charlène, bonjour, vous avez été l’animatrice de la première formation initiale dédiée à l’arbitrage féminin, où vous étiez accompagnée d’Olivier Ledoux, Conseiller Départemental en Arbitrage du District de la Haute-Garonne, du 4 au 6 janvier 2019, sur les installations du CRT à Castelmaurou.

Ce stage était ouvert exclusivement aux filles, 12 candidates ont répondu présentes pour suivre cette formation, et nous voudrions savoir comment vous avez ressenti cette formation de l’autre côté de la barrière.

– Depuis combien de temps êtes-vous arbitre et pourquoi l’êtes-vous devenue ?

Je suis arbitre depuis environ 4 ans. La démarche pour devenir arbitre n’a pas été spontanée. J’ai accepté de faire la formation initiale après une demande faite auprès des joueuses par ma présidente de club dans lequel je jouais (FCCF) ; choix que je ne regrette pas, puisqu’il m’a permis de découvrir des qualités dans cette fonction d’arbitre, et l’arbitrage est devenu aujourd’hui une passion.

– Vous êtes arbitre Fédérale Féminine 2, c’est-àdire niveau national, officiez-vous tous les weekends et n’arbitrez-vous que des matches féminins ?

J’officie effectivement tous les week-ends. J’alterne généralement avec un match de national chez les féminines (D2), et un match chez les hommes au niveau régional en tant que centrale en R2 ou en tant qu’arbitre assistante en R1.

– Aujourd’hui, vous voilà formatrice. Est-ce occasionnel ? Comment vivez-vous cette nouvelle fonction ?
Ça reste pour l’instant occasionnel en effet, puisque j’ai occupé pour la première fois cette
fonction de formatrice lors de ce stage initial 100% féminin. C’est une fonction que j’ai beaucoup aimé occuper, et dans laquelle je me suis sentie très à l’aise. Ça a été l’occasion de rencontrer des jeunes filles motivées et curieuses, de faire partager mon expérience et ma passion, de transmettre des connaissances, et de continuer à apprendre sur moi-même et sur l’arbitrage. Je serai ravie d’encadrer un nouveau stage, qu’il soit féminin, masculin, ou mixte, si l’occasion se présente.

– Avez-vous été surprise du nombre de candidates ?

Oui, je ne m’attendais pas à tant de filles. Le football est un monde où les hommes sont bienplus nombreux que les femmes, et notamment dans l’arbitrage, bien que cela évolue positivement. J’ai donc été agréablement surprise que 12 filles aient eu cet attrait pour l’arbitrage, et j’ai été fière de la réalisation d’une formation 100% féminine.

– Pensez-vous qu’il peut y avoir un engouement pour les futures formations dédiées à l’arbitrage féminin ?

Je pense que cette première formation dédiée à l’arbitrage féminin peut en effet
donner envie à d’autres filles, joueuses et non joueuses, de se lancer dans l’arbitrage. Cela peut être permis d’une part par le partage des 12 stagiaires de cette expérience auprès de leurs amies et connaissances, d’autre part par la diffusion de cet événement sur différents sites et journaux. Je pense que la communication sera très importante pour présenter l’arbitrage féminin et créer un engouement pour les futurs formations dédiées à l’arbitrage féminin.

– Quelle pédagogie avez-vous utilisé pour expliquer les règles de jeu (diapo, terrain…)

Nous avons privilégié une pédagogie active, participative afin de favoriser la motivation et
l’apprentissage des filles. Pour cela, nous avons utilisé différents supports tels que des diapos avec beaucoup de contenus en image, ainsi que des vidéos pour observer et analyser certaines situations pouvant se présenter dans un match et découvrir les lois du jeu.

Aussi, nous avons proposé des « ateliers » par groupe où les filles devaient réfléchir ensemble à certaines lois et certaines décisions, réflexion que nous mettions en commun. C’était très interactif. Enfin, à côté des moments théoriques en salle, nous sommes allés sur le terrain où nous leur avons proposé des ateliers pratiques.

Ces derniers leur ont permis de s’initier au placement, au déplacement, et à la gestuelle d’un arbitre central, et de découvrir certaines actions qu’il doit appliquer durant un match (coup de sifflet, variation du coup de sifflet en fonction de la faute, intervention sur coup franc, placement d’un mur etc.). Mais aussi, de voir comment pouvait et devait s’échauffer un arbitre avant un match.

Enfin, ces moments pratiques leur ont donné l’occasion de découvrir et d’expérimenter la gestuelle de l’arbitre assistant, ainsi que de comprendre davantage la règle du hors-jeu. Ce fut une formation dense, où les filles ont pu découvrir et apprendre beaucoup de choses.

 Ce stage vous a-t-il permis de découvrir l’arbitrage sous un autre angle ?

Oui. Disons que j’ai eu l’occasion de découvrir l’arbitrage sous plusieurs angles ces 4 dernières années lors des matchs et lors des différents stages et tournois que j’ai pu effectuer. En effet, j’ai compris que l’arbitrage, ce n’était pas seulement 90 minutes sur le terrain, mais qu’il s’agissait aussi de rencontres, de moments de partage, de rire, et d’apprentissage, ainsi que de liens et d’amitiés créées.

Ce stage m’a permis de découvrir l’arbitrage sous un nouvel angle, puisque cette fonction de formatrice que j’ai eu la chance et le plaisir d’occuper m’a fait comprendre que c’était aussi transmettre ses expériences et ses connaissances, former, et donner envie aux autres d’entrer dans le monde de l’arbitrage. Ça a été une expérience positive et très enrichissante.

– Est-il plus facile d’arbitrer en féminines qu’en masculins ?

Il est difficile de répondre à cette question, tout dépend de ce qui est mis derrière le terme « facile ». Dans les deux cas, la fonction d’arbitre est une fonction complexe. Je préférerai dire que c’est différent. D’une part parce que j’officie à des niveaux différents chez les femmes (national) et chez les hommes (régional).

D’autre part parce-que le rapport humain est différent lorsque je suis face à des femmes, du fait que j’en suis une, et lorsque je suis face à des hommes. Toutefois, il est vrai que, généralement, le jeu est plus rapide et se déroule avec plus d’impact en termes d’intensité physique chez les hommes que chez les femmes, et les situations de contestation et de «tension» entre joueurs sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes.

Texte et propos recueilli par Patrick Boudreault 

Retrouvez tous les numéros du LFO MAG à cette adresse: https://fr.calameo.com/accounts/4085515

Par Benjamin LE DOUSSAL

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