Gaëlle Dumas : destination Europe

Depuis cet été, la cadre d’animation technique régional féminin (CATRF) basée à Castelmaurou est responsable de l’équipe de France féminine des U19. Sacrée promotion, car son objectif avec une équipe qui est un des fleurons de la FFF, c’est l’Euro 2018 qui aura lieu en juillet 2018 en Suisse.

Quand on a trois frères et un père qui baignent dedans, quoi de plus normal pour une petite fille de 6 ans que de demander un ballon de football au père Noël ? C’est ainsi que Gaëlle Dumas se consacre depuis (presque) toujours à sa passion, dont elle a fait son métier.

On l’a connue jeune joueuse à Toulouse, venue faire ses études au soleil, championne de France à quatre reprises dans le même club, même s’il a changé trois fois de nom (TOM, TOAC, TFC), internationale à 41 reprises avec l’équipe de France jusqu’au début des années 2000, avant de devenir la CATRF de Midi-Pyrénées, en janvier 2001.

Derrière cet horrible sigle, se cache la volonté fédérale de développer le football féminin, volonté totalement et passionnément partagée par une femme dont les qualités lui valent, aujourd’hui, d’être l’une des quatre sélectionneures nationales en poste.

 

Gaëlle, comment vous êtes-vous retrouvée à la tête des U19 féminines ?
« Début 2016, je suis devenue la première sélectionneure des U18 féminines, une catégorie dont on avait besoin grâce au développement des Pôles féminins et qui manquait entre les U17 et les U19 de Gilles Eyquem. Mais ce dernier prépare les U20 féminines au Mondial de la catégorie, qui aura lieu en août 2018 en France, plus précisément en Bretagne, et il a souhaité se consacrer exclusivement à cette équipe.

De mon côté, j’avais fait mes premières armes dans une sélection en étant adjointe de « Paco » Rubio sur les U17 féminines, puis de Cécile Locatelli sur les U16 féminines. Début juillet 2017, lors d’un séminaire des sélectionneurs féminins où nous avons fait la connaissance du nouveau Directeur Technique National Hubert Fournier, la FFF a décidé de soulager Gilles Eyquem et je me suis donc retrouvée à la tête des U19, sachant que c’est la même génération que « mes » U18 et que celles-ci ne sont pour l’instant impliquées que dans des stages annuels.

Je tiens à remercier le président Michel Charrançon d’avoir accepté ma mise à disposition demandée par la FFF, car une saison complète, ça peut représenter jusqu’à 75 jours de mobilisation ».

Vous n’avez pas eu de temps à perdre, puisque dès octobre, il y avait un tournoi de qualification à l’Euro 2018 à jouer en Moldavie. Il s’est bien passé, non ?
« Oui, on a terminé premières, en inscrivant 25 buts en trois matches, deuxième attaque d’Europe derrière les Pays-Bas. On a battu les Féroé 11-0, la Moldavie 9-0 et on a trouvé le moyen d’en prendre deux contre l’Italie, dont un contre notre camp, même si on a battu 5-2 une équipe italienne plus expérimentée.

Personnellement, je n’ai pas eu de problème particulier, ni de stress. J’ai retrouvé pas mal des filles nées en 2000 que nous avions en 2015 chez les U16, avec Cécile Locatelli. Les U18, on est pour l’instant encore dans la formation, avec des confrontations en interne, contre les U19 et c’est bien. Mais en U19, ce sont des matches officiels, et là, on a envie de partager une victoire, une qualification ».

 

Ce sont ces sentiments qui vous ont poussé à accepter le poste ?
« Bien sûr. J’ai été joueuse, et internationale, j’ai disputé l’Euro 2001 en Allemagne, les éliminatoires du Mondial 2003, j’ai envie de transmettre mon vécu et, en même temps, de revivre ces émotions. Et puis, soyons francs, cette nomination, ça flatte aussi, car nous ne sommes pas beaucoup en France, quatre sélectionneurs chez les garçons et autant chez les filles ».

 

Qu’est-ce que vous souhaitez transmettre à vos joueuses ?
« La culture de la gagne, ah oui, l’horreur de perdre, et des petits détails sur lesquels on insiste. Je ne les vois pas souvent, mais il faut que ce message passe… En tenant compte du fait que les U18 sont encore dans les pôles, et que les U19, c’est déjà du post-bac. 60 % de mes filles sont passées en pôles ou ont été détectées, elles ont donc une formation fédérale, mais il faut les aider dans l’apprentissage du haut niveau ».

 

Fin novembre, le tirage au sort du Tour Elite a eu lieu. Il a plutôt été clément, puisque votre groupe comprend la Finlande, la Belgique et l’Azerbaïdjan…
« Si on gagne, car cette fois il n’y a qu’un seul qualifié, on dira que c’est un bon tirage… Mais, oui, ça semble abordable, ça nous permet de nous projeter.
Nous jouerons en avril prochain en Finlande, même si les Finlandaises auraient préféré juin. Mais nous avons fait valoir qu’avec le Mondial U20 en août et l’Euro U19 en juillet, ce n’était pas possible de préparer les deux sélections, et les deux compétitions en si peu de temps. Car ma sélection reste dépendante de celle des U20 de Gilles Eyquem, qui viennent par exemple de gagner en Suède avec sept de mes joueuses. Plusieurs d’entre elles peuvent redescendre de catégorie, mais en attendant, j’ai fait un stage de quatre jours avec une revue d’effectif de 28 joueuses fin novembre à Clairefontaine ».

 

Les U19 F en bref

L’Euro 2018 aura lieu du 16 au 30 juillet en Suisse, avec huit pays dont la Suisse, pays organisateur.

Le Tour Elite, dernier palier avant l’Euro, qualifiera donc sept équipes nationales. Dans le groupe 3, la France est avec la Finlande, la Belgique et l’Azerbaïdjan. Les matches auront lieu du 2 au 10 avril en Finlande.

Le Tour de Qualification a eu lieu du 16 au 22 octobre en Moldavie, à Orhei et Chisinau. Les Françaises ont battu les Iles Féroé 11-0, la Moldavie, pays hôte, 9-0 et l’Italie 5-2. Elles ont fini 2e attaque du tournoi, avec 25 buts inscrits, derrière les Pays-Bas (32 buts, record de la compétition).

Deux Albigeoises, Oumy Stéphanie Bayo et Santana Sahraoui, et une Montpelliéraine, Daïna Bourma, étaient en octobre dans la première sélection de Gaëlle Dumas.

Le palmarès des U19 est long comme le bras : championnes d’Europe en 2003, 2010, 2013 et 2016 (la même année où les U20 sont vice-championnes du monde face à la Corée du Nord), finalistes en 2002, 2005, 2006 et 2017, demi-finalistes en 2007, 2009, 2015, elles sont dans le dernier carré européen depuis trois années consécutives ! On peut ajouter que, quand la catégorie se limitait aux U18, jusqu’en 2001-2002, elles ont été finalistes en 1998 et demi-finalistes en 2000.

 

Article extrait du journal numérique de décembre 2017

Écrit par les membres de la CRIFP. 

Par Alexandra Salendres

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